Les nouveaux éléments exposés confortent la plupart des témoignages en ce que les victimes de l’OTS ont été assassinées par un groupe d’individus encore en vie, dont le dirigeant pourrait être M. Michel Tabachnik.
Cote D7-65 : Evelyne Brunner « S’agissant des événements de Salvan et Cheiry, il est évidemment clair dans mon esprit que les membres de la famille DUTOIT ont été sauvagement assassinés par des professionnels. Les gens de Cheiry ont également été assassinés dans des conditions que j’ignore… Pour moi, cette lamentable affaire n’est qu’une affaire d’argent enrobée dans un aspect spirituel … . Il y avait bien une organisation supérieure qui, existe peut être toujours, dont Michel Tabachnik était sûrement membre. »
Cote D3- 348 : Evelyne Brunner « ... j’ai entendu parler des grands maîtres de Zurich, et cela par Di Mambro, il s’agissait selon lui des supérieurs de notre Ordre qui commandaient tous chez nous, même notre façon de vivre. Lui allait chercher ses ordres chez eux. Il disait que ce n’étaient pas des rigolos,(sic)….
Anecdote à propos des maîtres de Zurich, ainsi Joe m’avait dit « ils sont forts, t ‘as vu ils sont arrivés à faire sortir Geli... C’est des copains qui ont fait çà…. Il se disait de même proche de la loge P2 : P2 c’est des nôtres... un jour il m’a présenté des membres à l’occasion d’un voyage à Rome… et j’ai vu deux gars très baraqués. L’un pesait bien 120 kilos, avec une gueule de boxeur, l’autre plus petit, baraqué, mais moins gros, la quarantaine tous les deux… comme tous « ceux de Zurich » ils étaient habillés de costumes bleus foncés et cravate sombre. Je suppose qu’il s’agissait de français. En tout cas Joe ne voulait pas que ceux de l’Ordre les voient».
Cote D3-349 : Mme Le Pollotec, Vice-consul au Consulat général de France à Montréal : «… Je me souviens notamment qu’elle [Madame Brunner Bellaton] a évoqué des rencontres de Joseph DI MAMBRO avec des personnages de type mafieu très costauds. Elle a parlé d’un voyage en Australie au cours duquel, alors qu’ils avaient une soirée de prévue, il a décommandé cette soirée pour rencontrer ces personnages avec qui elle a quitté l’hôtel.… De même en Suisse, elle a parlé du comportement de Joseph Di Mambro qui se rendait parfois à Zurich pour voyages d’affaires et qui ces jours là s’habillait de manière particulièrement raffinée. Elle précisait que ces jours là il était nerveux et elle en déduisait qu’il devait rencontrer des financiers.» Ce témoignage a été confirmé directement par Madame Brunner Bellaton lors de son audition à l’audience correctionnelle d’avril 2001. Cela constitue également une charge nouvelle.
Cote D3-694 : Josiane Giron : “Je ne crois absolument pas ce qui s’est passé en Suisse puis au Vercors ait quelque chose à voir avec la foi templière. Jusqu’ici j’étais persuadée qu’il s’agissait d’assassinats avec intervention extérieure, mais vous tentez de me rassurer…(…) Je ne pense pas que Jouret en soit le responsable en Suisse; un jour il avait dit au téléphone à mon mari, exactement deux mois avant le drame « Claude si on me dit que je me suis suicidé il ne faudra pas le croire ».(…). Nous avons peur pour nos vies, nous pensons qu’il y a intervention extérieure. Nous disons cela a contrario, parce que tous ceux que nous connaissions n’étaient pas suicidaires. »"
Cote D3-67 : Marie Gourjon : “Je pense que tous ceux qui devaient disparaître ont été exécutés, ainsi que tous ceux qui étaient malléables. Je pense qu’il y a une manipulation médicale, c’est-à-dire une préparation par des médicaments, pour amener toutes ces personnes à admettre le suicide complété par l’assassinat si nécessaire.(…). Peut-être que Di Mambro avait infiltré l’OTS et introduit la Mafia qui a voulu détourner l’argent. A St Pierre de Chérenne cela me semble une mise en scène pour faire accuser Jean-Pierre Lardanchet des assassinats alors que je crois, sans pouvoir justifier, qu’ils ont tous été assassinés par d’autres personnes »".
Cote D3-337 : Bayram Kesli : “J’imagine mal Jean-Pierre Lardanchet dans la peau d’un assassin… Je n’ai jamais vu mon ami Jean-Pierre Lardanchet armé…. J’affirme également que comme Jean-Pierre Lardanchet, Patrick Rostan n’aimait pas les armes et que je ne l’ai jamais vu armé de son arme de service. » Je pense que tous ceux qui devaient disparaître ont été exécutés, ainsi que tous ceux qui étaient malléables. Je pense qu’il y a une manipulation médicale, c’est-à-dire une préparation par des médicaments, pour amener toutes ces personnes à admettre le suicide complété par l’assassinat si nécessaire."
Cote D3-1178 : Rapport du CDt Houvenaguel : Bayram Kesli «…commença par nous assurer être persuadé de l’assassinat des deux policiers et ne pouvoir concevoir leur mort et surtout celle des enfants Lardanchet, que comme indépendante de leur volonté. »
Cote D7-8 : Thierry Huguenin : “Je suis pratiquement persuadé que ni Rostan ni Lardanchet n’ont eu un rôle déterminant dans cette affaire. »
Cote D6-17/6 : “Selon Stéphanie Masson, rien dans le comportement et l’attitude de sa mère ne laissait penser à l’imminence du drame du Vercors. Le jour critique, sa mère l’a quittée vers 19h00, pour se rendre chez les époux Friedli et, en partant, elle lui a encore dit : « A ce soir ».
Cote D8 – 22/10 : Claude Giron lors d’une écoute téléphonique : «Tout le monde a laissé sa peau, hein, mais il y a des problèmes de contre-espionnage important aussi, parce que Di Mambro faisait partie du S-A-C mais tu avais aussi des gars qui étaient de la C.I.A…».
Cote D3- 995 : Rapport de la SRPJ de Rouen: “Madame Quèze qui s’était rendue plusieurs fois au Québec, avait parlé à Didier des suicides collectifs précédents. Son fils lui aurait répondu « qu’ils avaient été tués et qu’il ne s’agissait pas de suicide » … ». Depuis le début de l’instruction ouverte à la suite du massacre découvert le 23 décembre 1995 dans le Vercors, les familles des victimes sont intimement convaincues que leurs proches ne se sont pas suicidés mais ont été assassinés par des tiers.
Cote D1/3-8 : Dans son audition du 27 mars 1996, Jean Vuarnet, assisté de Me Dominique Warluzel, précisait : « puisque vous me posez la question, il me paraît difficilement envisageable que 16 personnes parmi lesquels 3 enfants en bas âge aient pu organiser la cérémonie macabre que l’on connaît aujourd’hui sans l’aide de tiers ».
Dans une lettre du 1er juin 1996, Me Moncho, avocat des époux Rostan précisait au magistrat instructeur : « …Vous trouverez ci-joint les documents retrouvés par celui-ci [M. René Rostan] qui démontrent parfaitement que Patrick Rostan n’avait nullement l’intention de se suicider dans les jours précédant le massacre de Saint Pierre de Chérennes. (...). Je tenais à vous le confirmer….
Dans une lettre du 30 mai 1998 adressée au magistrat instructeur, René Rostan précisait au sujet de son fils Patrick : « …Nous restons persuadés qu’il a été attiré dans un traquenard comme la majorité de ses amis… »
Cote D1/6-5 : Dans son audition du 20 février 1996, Willy Schleimer assisté par Me Jacques Barillon, relevait : «… je suis persuadé que ma fille est partie le jour de sa disparition de manière inopinée puisque dans son appartement se trouvaient encore le repas qu’elle avait préparé, la lumière de la cuisinière étant restée allumée. Par ailleurs le téléviseur était sous tension ainsi que le poste de radio ... en réfléchissant et en ayant lu un certain nombre d’articles sur le drame du VERCORS, je ne peux que me poser la question suivante : « comment est-il possible de faire brûler 16 corps avec quelques bouteilles de white spirit ». « Des tiers n’ont-ils pas aidé à incendier le charnier avant de s’enfuir ? D’autant plus qu’il me semble que le terrain était humide ». « J’ai également appris, d’après les journaux, que LARDANCHET après avoir exécuté ses compagnons, se serait donné la mort avant de se précipiter dans le feu. Cela me semble assez inconcevable. Pour moi tout a été organisé avant. 0n leur a tendu un piège. »