Les points Clés
Piste financière australienne


Demande

Il apparaît évident que le voyage en Australie en 1993-1994 a été le déclencheur des drames en Suisse, Canada puis du Vercors. L’absence de réponse de la part des autorités australiennes aux demandes d’entraides judiciaires internationales par le magistrat instructeur conduisait ce dernier à affirmer par lettre du 2 septembre 1999, que «seule la collaboration des autorités judiciaires australiennes permettrait de tirer définitivement cette affaire au clair. Malheureusement ces autorités n’ont pas jusqu’à présent daigné répondre aux demandes d’entraides judiciaires internationales…».

Les informations sur les événements australiens tant sur le volet financier de l’affaire OTS, notamment l’explication d’un transfert de fonds de la Suisse en Australie d’un montant de 93 millions de dollars fin 1993 par le gourou Di Mambro, que sur les informations détenues par le Consulat de France à Sidney (31 Market Street 26ème étage Sydney 2000 NSW Consul général M. Jean-Claude Poimboeuf) sont de nature à mieux comprendre les mobiles des crimes.

Cote D3-349 : Mme Le Pollotec, Vice-consul au Consulat général de France à Montréal : la Brigade financière de la Police judiciaire «...avait été contacté par les Australiens au sujet d’un transfert de fonds entre la Suisse et l’Australie, du montant de quatre vingt treize millions de dollars, effectué par Joseph Di Mambro.» En effet, le Consulat de France en Australie a en sa possession un dossier sur Madame Joselyne di Mambro et Jo di Mambro ainsi que d’autres personnes de la nébuleuse OTS. Par ailleurs, dans le carnet d’adresse de Jo di Mambro, figurent deux adresses bancaires australiennes : Common wealth of Australian NSW St James Hilal Aydemir compte 2021-1002 9934 et National Australian Bank Adélaïde Terrasse Branch 197 Adélaïde Terrasse Branch (42 ?) 08 6013 to acc 337416810 PERTH. Les demandes de recherche de tous les comptes bancaires australiens au nom de Di Mambro, d’OTS ou de membres de l’OTS au sein de ces deux banques sont justifiées.

 Il est donc demandé :

1- la production de l’entier dossier que détient le Consulat de France à Sydney sur les époux di Mambro et les autres membres de l’OTS.

2- la production des éléments financiers détenus par les banques Common wealth of Australian et National Australian Bank concernant les comptes des membres de l’OTS (notamment Di Mambro) et les mouvements de fonds.

Il convient de noter qu’est insatisfaisante l’information dubitative française selon laquelle il s’agirait d’une erreur de lecture d’un télex concernant le montant du transfert de fonds qui serait de 207 000 dollars en 1993 et non pas de 93 207 000 dollars. Concernant l’attitude suisse, Madame Evelyne Brunner dit : «Les Suisses qui m’ont entendu au cours de l’enquête, m’ont ri au nez quand je leur ai dit la somme, en m’affirmant qu’il y avait une erreur sur le nombre de zéros à l’ordinateur, que la somme était en réalité bien inférieure.» (cote D3-348).

Deux versions différentes selon la police suisse ou le juge d’instruction grenoblois, mais tous veulent néanmoins aboutir «à tout prix» à la minoration du montant. Il est surprenant que, pour justifier du défaut d’obtenir ou de vouloir obtenir l’information exacte des banques australiennes, tant l’information suisse que l’information française cherchent avec la plus grande légèreté à «interpréter» le montant des 93 207 000 dollars. Un transfert de 207 000 dollars n’aurait certainement pas suscité la retenue de Jo di Mambro par les autorités australiennes sur leur territoire pendant trois mois et leur intervention fin 1993 et début janvier 1994 auprès des services financiers de la Direction Centrale de la police française.

Il est donc nécessaire, dans le cadre de la réouverture de l’information, d’interroger efficacement les autorités australiennes ou à défaut directement les banques australiennes concernées, ces dernières pouvant être plus coopératives que les autorités australiennes.

Il apparaît que le volet financier de ce dossier est intimement lié aux massacres suisses, français et canadiens d’autant plus que ces massacres ont permis de tuer tous les trésoriers comptables de la nébuleuse OTS, au nombre de dix qui se sont succédés dans les tâches comptables de 1975 à 1995.

- Colette Genoud (décédée Canada en 1994), Trésorière depuis 1976 (la Pyramide), recouvrait salaires et cotisations. Elle était le bras droit de Di Mambro;

- Françoise Claire-Rebmann (décédée Cheiry en 1994) :Trésorière OTS depuis 1976 (la Pyramide);

- Robert Fallardeau (décédé Cheiry en 1994) :Trésorier OCITS depuis 1985 devenue Archédia puis OTS;

- Camille Pilet (décédé Cheiry en 1994) : Trésorier secret OTS et comptable depuis 1983 (Golden Way);

- Albert Giacobino (décédé Cheiry en 1994) : Comptabilité secrète OTS depuis 1978 (Golden Way)- accompagnait Di Mambro à Zurich

- Fabienne Noirjean (décédée Salvan en 1994) :comptable de la FARC de Cheiry;

- Madeleine Berenger-Debrot (décédée Salvan en 1994) : Gestion financière de l’Ermitage à Sarrians;

- Odile Dancet (décédée Salvan en 1994) :Comptable depuis 1975 (la Pyramide); recouvrait les dons, legs et prêts;

- Emmy Anderson (décédée Vercors en 1995) :Trésorière depuis 1973 France et Suisse;

- Marie France Lardanchet (décédé Vercors en 1995) :Trésorière Archédia (société dépendante de OTS) depuis 1988;

En outre, l’Ordonnance de renvoi du juge d'instruction reconnaît que les archives comptables ont également disparu.



Réponse du juge

Ainsi qu'il est rappelé dans la requête, les autorités australiennes n'ont pas répondu aux demandes d'entraide judiciaire internationale régulièrement formulées par le juge d'instruction, de sorte que la suggestion du requérant d'interroger efficacement les autorités australiennes révèle une méconnaissance certaine du fonctionnement de l'entraide répressive internationale. Quant à l'analyse d'un virement d'un montant, selon les lectures de 209 000 dollars ou 93 209 000 dollars, nous ne pouvons que renvoyer aux développements qui lui ont été consacrés en page 100 du réquisitoire définitif.



Remarques & commentaires

Il ne s'agit ni d'un virement de 209'000 dollars, ni de 93'209'000 dollars mais de 93'207'000 dollars. Le juge n'est plus à une erreur près...

Le juge se permet de critiquer la compétence du réquérant en matière de fonctionnement de l'entraide répressive internationale alors que c'est le juge lui-même qui n'a pas su mettre en oeuvre cette entraide.

Où sont donc la compétence et l'efficacité?

Réflexe classique du juge : critiquer la demande des familles des victimes pour ne pas y répondre. Si les autorités australiennes n'ont pas voulu répondre aux autorités françaises sur un transfert de 93'207'000 dollars de Zurich (suisse) à Sidney (Australie), il est surprenant que le juge n'a pas eu la simple idée de faire la demande auprès de la Suisse, émettrice du virement. Ces simples réflexions montrent que le juge ne voulait vraiment pas trouver la réponse sur ce transfert.



< retour à la liste des points clés
^  haut de page