Les points Clés
Expertise balistique


Demande

L’expertise du 19 mars 2001 réalisée par Monsieur Jean-Claude SCHLINGER, expert en Armes et Munitions près de la Cour d’appel de Paris agréé par la Cour de Cassation (pièce n°5).

Reprenant les éléments techniques recueillis lors de la découverte des corps notamment la présence des fracas de boîtes crâniennes trouvées seulement au centre du foyer (dossier technique de l’IRCG en date du 24 décembre 1995; cote D47 page 15), une étude du cas de Lardanchet (gaucher) – "son corps retrouvé en extension couché sur le ventre, la tête vers le centre du centre du cercle, une arme 357 Magnum sous le genou droit"- est soumise à l’expert, sans que l’affaire ni le nom de la victime soient citées.

En page 21-22 du rapport, la conclusion est : " Le coup de feu ayant été tiré alors que le canon de l’arme se trouvait dans la bouche de la victime, l’éclatement de la boîte crânienne a entraîné la projection des fragments osseux dans le sens de progression du projectile, c’est-à-dire de l’avant en arrière. Par conséquent, ces fragments n’ont pu se retrouver que derrière la victime et il n’est pas douteux qu’il tournait le dos au centre du cercle au moment du tir.(…)

Les deux réactions du corps que l’on rencontre le plus souvent dans des cas similaires sont les suivantes:

- le corps de la victime est vertical au moment du coup de feu et dans ce cas, le corps est rejeté en arrière et la victime est retrouvée allongée sur le dos.

- dans le cas d’un gaucher, l’arme se retrouve à sa gauche. En raison de la gravité de la blessure, il est impossible que le corps puisse effectuer de lui-même une rotation de 180 degrés, les centres nerveux étant détruits.

Par conséquent, ce déplacement ne pourrait être que le fait d’une tierce personne. La victime étant debout, sa tête est penchée en avant au moment du coup de feu. Le corps a tendance à basculer vers l’avant et la victime est retrouvée à plat ventre, l’arme sur sa gauche. Sa tête est dirigée à l’opposée du centre du cercle et l’arme est toujours sur sa gauche.

Là encore, une intervention extérieure est nécessaire pour que le corps se retrouve avec la tête en direction du brasier. Même en supposant que la victime tenait l’arme dans la main droite ce qui lève l’une des ambiguïtés, la position dans laquelle le corps a été retrouvé est très inhabituelle, ce qui est de nature à mettre en cause le suicide, et permet d’envisager l’éventualité d’un homicide."

Enfin, le Ministère Public pourra constater que cette intervention extérieure permet de résoudre plusieurs incompréhensions résultant de l’information quant aux circonstances exactes des crimes perpétrés dans le Vercors en 1995, notamment:

- sur le nombre d’étuis trouvés sur le lieu du drame du Vercors inférieur au nombre d’impacts. Selon l’ORTC (p.165 §6) en se référant au procès-verbal établi par la Gendarmerie de Grenoble (pièce D12 annexe 1), seulement 22 étuis de calibre 22 LR ont été retrouvés sur le lieu du drame du Vercors. Le tableau récapitulatif, en pages 176 et 177 de l’ORTC, indique qu’il y a eu 37 coups de feu tirés (dont 2 tirés avec les 2 armes 357 Magnum) en raison des impacts constatés sur les corps des victimes, ce qui revient à constater que 13 étuis de 22 LR manquent sur les lieux.

En tout état de cause, il est certain que le nombre d’étuis percutés par une arme trouvés sur les lieux est inférieur au nombre d’impacts : ceci constitue également une preuve évidente qu’il ne s’agit pas d’un crime en vase clos et que toutes les victimes n’ont pas été tuées sur place.

L’Ordonnance se contredit ainsi en page 229, § 8 : « il convient néanmoins de préciser que les constatations effectuées sur place avaient permis de saisir des étuis de calibre 22 LR en nombre nettement supérieur aux plaies occasionnées par balles … ».

 A propos de l’impact de la balle de 22LR sur la cheville de FRIEDLI, dans le rapport d’expertise du Dr Baccard du 14/11/98 en page 10 (pièce D 8), il est relevé pour M. André Friedli (corps 14C) : « Une balle de 22 long rifle est retrouvée sur la face interne de la cheville gauche ». Cette observation est confirmée en page 10 du dossier technique de l’IRCG en date du 24 décembre 1995; pièce D 47, victime n°14 secteur C). Ainsi, il s’agit précisément du projectile d’une arme 22 LR qui est venu percuter la cheville de Friedli.

Par ailleurs, il est relevé que Friedli s’est tiré une balle dans la bouche avec un révolver 357 Magnum. Dans l’hypothèse de l’Instruction selon laquelle Friedli est considéré comme le meurtrier des 14 autres victimes et qui se suicide ensuite, il est inconcevable qu’il ait reçu une balle de 22 LR sur la surface interne de la cheville gauche de surcroît sans traces d’éraflure – ce qui impliquerait un angle de tir de 90° alors qu’il est en position debout, avant de se tuer à l’aide d’un 357 Magnum. Il apparaît plus concevable que Friedli ait reçu cette balle dans une position couchée, c’est-à-dire après avoir été déjà tué par le révolver Magnum. Il convient de relever que l’ORTC ne mentionne plus la balle de 22 LR logée dans la cheville qui contrarie la thèse du suicide et du meurtrier.

Une réouverture de l'instruction est nécessaire pour lever ces contradictions et incohérences


Réponse du juge

Le rapport technique (page 26) permet d'écarter les conséquences tirées de cette expertise en précisant les modalités d'effondrement d'un corps mort et les possibilités de sa mobilisation partielle dans un foyer. Contrairement à ce qui est écrit ... il n'a pas été retrouvé seulement 22 étuis de calibre 22 LR sur le lieu du drame du vercors mais exactement 34 étuis de ce calibre, percutés, à mettre en relation avec les 35 blessures par balles du même calibre, et plus de 220 cartouches 22 LR non percutés.

Le rapport d'examen technique (page 25 in limine) fait litière de l'argumentation tirée d'une balle 22 LR qui...serait venue percuter la cheville de Friedli, ce qui est contraire à la réalité.

Ce même rapport (page 25 in limine) rétablit la vérité, également malmenée dans la requête, quant à la présence des sacs en plastique sur la tête d'André Frideli et de Jean-Pierre Lardanchet.



Remarques & commentaires

Tout ce qui est rapporté dans la demande est la reprise des rapports des personnes chargées de l'enquête et de l'instruction.

Il est à remarquer que le juge ne conteste pas cette réalité mais cherche à trouver une argumentation dans un autre document de l'instruction qui va dans son sens.

Dans l'instruction, on trouve tout et son contraire.

En outre, si selon le juge, 34 balles ont été tirées, cela ne provoque pas 35 blessures dans ce drame du Vercors où les victimes étaient allongées les unes à côté des autres, formant un cercle lorqu'elles furent tuées à bout portant.

Les experts ont constaté que des étuis n'ont pas été percutés mais que des balles ont explosées par le contact du feu, ce qui confirme que les crimes n'ont pas été commis sur les lieux du vercors mais ailleurs et que les meutriers ont simulé la scène du crime en transportant les corps des victimes déjà tuées ailleurs et en laissant plusieurs munitions sur le lieu du Vercors.



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