Témoignage de Madame PINHEIRO - intervention extérieure -
Demande
Le 4 avril 2001, Madame Alexandrina Pinheiro déclare devant huissier :
"…J’habitais à l’époque à Grand-Lancy, banlieue de Genève, 32 avenue du Curé Baud où j’étais gardienne de l’immeuble. Mon appartement était situé au rez-de-chaussée, face à celui de Madame Vérona. (…). J’ai rencontré cette dernière le 15 décembre 1995, dans le sous-sol de l’immeuble. Elle m’a déclaré que sa fille Tania était malade mais qu’elle reprendrait l’école le lundi suivant. Je n’ai pas revu Ute le samedi suivant, ni le dimanche, pas le lundi.
Le mardi, au matin, ses parents, qui semblaient inquiets, m’ont contactée pour savoir si je détenais les clés de l’appartement de leur fille. (…)
Le même soir, j’ai entendu du bruit dans l’appartement de Ute Vérona. J’ai alors sonné à sa porte et vu des messieurs à l’intérieur. Les ayant interrogé sur leur présence, ils m’ont eux-mêmes demandé qui j’étais. Ayant répondu être du service de l’immeuble, ils m’ont affirmé être de la police et m’en ont justifié en me présentant, à ma demande, leur carte de police suisse. Je dois préciser que les serrures des appartements sont toutes de haute sécurité puisque de marque «Kaba». Ils devaient obligatoirement posséder les clefs. J’ai immédiatement téléphoné à Madame Schleimer pour l’en aviser. Puis j’ai vu à partir de mon appartement , partir ces policiers avec quatre ou cinq sacs poubelles remplis.
Le lendemain de la découverte des corps le 23 décembre 1995 en France dans le Vercors, soit le 24 décembre 1995, la télévision suisse romande est venue jusqu’à mon appartement et m’a posé diverses questions.
Le soir même, j’ai reçu chez moi, téléphoniquement, des menaces de mort, et ce en, présence de mon mari…et de ma belle sœur…et de mon beau-frère…qui ont tous entendu la conversation puisque j’avais mis le haut parleur du combiné téléphonique. C’était une voix masculine. J’ai donc téléphoné à la police pour le signaler. (…)".
Lors de l’audience correctionnelle d’avril 2001, Madame Pinheiro a précisé avoir été victime de menaces de mort (de faire partie du prochain voyage…) parce qu’elle parlait trop. Madame Pinheiro a ainsi observé le mardi 19 décembre 1995, la visite de l’appartement d’Ute VERONA par des personnes déguisées en policiers. En effet, aucun élément du dossier de l’Instruction ne fait état de la visite de vrais policiers, de surcroît sans la présence d’un serrurier et d’un membre de la famille d’Ute Vérona ou de son autorisation. Ces personnes ont donc pu pénétrer dans l’appartement sans effraction mais à l’aide d’une clé, très vraisemblablement avec la clé d’Ute Vérona en raison du système de verrouillage de haute sécurité.
Il apparaît donc évident que ces personnes en possession de cette clé et s’introduisant dans l’appartement d’une victime sont les auteurs ou les complices des crimes, ce qui explique notamment les menaces de mort reçues postérieurement par Madame Pinheiro.
De telles menaces de mort, reçues également par le magistrat instructeur qu’il a lui-même confirmées aux parties civiles lors de la réunion du 17 novembre 1998, constituent une preuve que les auteurs et complices des crimes commis dans le Vercors sont plusieurs et toujours en vie . Il est demandé dans le cadre d'une réouverture de l'enquête une identification par Mme Pinheiro des personnes déguisées en policiers le 19 décembre 1995.
Réponse du juge
Le fait relaté ne parait pas de nature à remettre en cause les conclusions de l'enquête.
Remarques & commentaires
Si cela remet pas en cause les conclusions de l'enquête, qui donc sont ces personnes déguisés en policiers qui possèdent les clés des victimes et fouillent leur appartement?
Le juge ne cherche même pas à tenter d'expliquer cette intervention. Comment le pourrait-il d'ailleurs? Sinon par l'existence d'une intervention extérieure d'une organisation de criminels bien en vie...
Le juge préfère ne pas répondre car il serait alors contraint de réouvrir l'instruction, ce qu'il ne veut pas.
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