Expertises judiciaires sur la carbonisation des corps des victimes - contradiction entre elles
Demande
Le rapport d’expertise judiciaire du 2 octobre 1999 (D5- 42/15) reconnaît en page 12 que :
"Quel que soit le mode de crémation, la température oscille constamment entre 350 et 750°C."
Rappelons que la destruction totale d’un corps, squelette compris, n’est pas possible dans de telles conditions car la fusion de l’os ne commence qu’à partir de 1600°C.
Or, le rapport d’autopsie (D 4-23) du 26 juin 1996 fait état de destruction totale de parties osseuses chez 9 victimes sur les 16 victimes du Vercors.
- 2 A – Tania VERONA : disparition complète jusqu’au tiers supérieur des jambes
- 3 A – Ute VERONA : disparition : oreille droite, doigts main gauche; fractures de l’humérus droit et gauche
- 4 A – Dominique MASSON : disparition partielle des côtes, des doigts de la main gauche, fractures humérus gauche, avant-bras gauche
- 5 A – Christiane BONNET : disparition des deux membres inférieurs jusqu’au tiers supérieur du fémur; fractures du crâne
- 9 B - Jean-Pierre LARDANCHET : disparition membre supérieur gauche, main droite et avant bras droit; organes cuits, pas de liquide organique
- 10 B – Aldwin LARDANCHET : disparition membres inférieurs et membre supérieur droit
-11 C – Gurval LARDANCHET : disparition des doigts de la main gauche et dernières phalanges
- 12 C – Marie-France LARDANCHET : disparition des 2/3 des jambes droite et gauche; hématome orbite droite, déviation de la cloison nasale avec fracture
- 13C – Mercedes FAUCON : disparition des 2 membres inférieurs jusqu’au fémur.
En conséquence, par cette simple constatation de la disparition d’os chez les victimes, la carbonisation des corps par un seul feu de bois avec essence n'a pas pu se produire telle que les conclusions l'indiquent puisque, selon les experts judiciaires, la chaleur n'a pas excédé plus de 750°.
La dégradation des corps, et notamment la fusion de certaines parties, est donc scientifiquement impossible.
En outre, le procès-verbal du transport sur les lieux du 21 mai 1999 (D5/42-14) pour l’expérimentation sur les cochons qui a abouti au rapport d’expertise judiciaire du 2 octobre 1999 (cote D5/42-15) confirme cette impossibilité en relevant en page 2 que l’expert parvenait «… avec un thermomètre à laser à procéder à la prise de températures… des braises à 380°C, entre les cuisses de 130°C et au niveau de la tête de 14°C.».
Enfin, les photos prises par les enquêteurs lors de la découverte des corps montrent l’absence totale de couche de cendre, confirmant ainsi l’absence de bois pour la combustion des corps.
A cet égard, il est à remarquer que l’expertise sur les cochons a été interrompue par la pluie et qu’elle ne serait donc être probante (D 5/ 42-15, page 21 de l’expertise) d’autant plus qu’aucune disparition de parties osseuses n’a été constatée sur les cochons.
Ainsi convenait-il de rechercher l’agent chimique qui a permis de carboniser les corps jusqu’à destruction partielle des os et le mode opératoire .
Dans le cadre de cette réouverture de l’information, les parties civiles demandent :
1 - Une nouvelle expertise sur les vêtements carbonisés des victimes et sur les victimes elles-mêmes (LARDANCHET, ROSTAN, MASSON) aux fins d’identifier les combustibles notamment le phosphore ou tout autre produit ayant pu provoquer le degré de carbonisation des victimes
2- Une recherche des ventes d’appareils de projection à jet très directionnel de produit inflammable dopé au phosphore en 1994 et 1995.
Réponse du juge
Le rapport d'examen technique multidisciplinaire dressé le 9 mars 2004 par le collège d'experts conclut... "que l'étude des pièces fournies ne permet en aucun cas d'infirmer les conclusions des précédentes expertises".
Remarques & commentaires
Aucune explication n'est donnée par le juge sur les contradictions des expertises judiciaires elles mêmes.
C'est-à-dire:
- La seconde expertise infirme la première expertise réalisée par les mêmes experts. Le juge d'instruction s'est bien gardé de réunir les familles des victimes, parties civiles, pour la présentation de la seconde expertise comme il l'avait fait pour la première.
Il savait que les familles des victimes n'auraient pas manqué de souligner que la seconde expertise était encore plus médiocre que la première.
< retour à la liste des points clés
|