Historique
Le 16 Décembre 1995, treize adultes et trois enfants sont morts dans le Vercors en France, en tout c'est 74 adeptes de la secte OTS décédés lors des massacres en Suisse, Canada et en France. L'instruction et l'enquête durent jusqu'en juillet 2000, les conclusions du Juge instructeur sont celles d'un suicide collectif.

En décembre 2000 puis une nouvelle fois en mars 2001, les parties civiles mandatent le Professeur Lavoué pour effectuer une expertise sur le lieu des massacres afin de déterminer si d'autres produits que de l'essence ont servi à la crémation des seize corps. Il affirmera à la barre lors du procès "J'ai retrouvé des doses anormalement élevées de phosphore (30 à 40% plus elevé)." Sa conclusion : " Il y a eu utilisation d'un engin à fort pouvoir calorifique avec une flamme directionnelle, c'est-à-dire un lance-flammes."

Le 17 avril 2001 s'ouvre le procès de Michel Tabachnik devant le Tribunal correctionnel de Grenoble poursuivi pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime"

Le 25 juin 2001, Michel Tabachnik, supposé numéro trois de la secte, est relaxé à l'issue d'un procès de 15 jours.

Le 4 juillet 2003, Alain Vuarnet fait procéder à l'exhumation des corps de sa mère, Edith, et de son frère Patrick afin de déterminer la nature des agents combustibles qui ont carbonisé les corps des victimes. Les échantillons analysés contenaient en moyenne un excès en phosphore situé entre 21% et 32%. Ces analyses confirment les premières expertises de terre effectuées en 2000 et 2001. Le doute n'est plus permis au regard des analyses, le groupe ne se serait pas suicidé, mais a été abattu par balles puis carbonisé avec un lance-flammes à jet directionnel, d'où la présence exceptionnelle de phosphore.

Le 15 septembre 2003, le résultat de cette expertise privée, menée par le Professeur Gilbert Lavoué, expert judiciaire en incendie, à la demande des parties civiles, relançait l'hypothèse d'un crime avec intervention extérieure.

Le 22 septembre 2003, le procès en appel de Michel Tabachnik va débuter auprès du Tribunal Correctionnel de Grenoble. En une heure, la Cour d'appel soucieuse d'assurer la sérénité dans les débats et une bonne administration de la Justice a ordonné le renvoi au 14 juin 2004 du procès de Michel Tabachnik accédant ainsi à la demande des parties civiles.

Le 21 octobre 2003, les parties civiles ont demandé au Procureur de la République de Grenoble de rouvrir l'instruction de drame du Vercors et de l'Ordre du Temple Solaire dans lequel les membres de nos familles ont été assassinés en décembre 1995.

25 Mars 2004 - L'espoir aura été de courte durée, le Procureur de la République de Grenoble a rejeté le demande de réouverture de l'information judiciaire sur l'assassinat collectif de Saint-Pierre-de-Cherennes, dans le Vercors. Le Procureur s'appuyant sur un rapport technique multidisciplinaire, rédigé par Claude Calisti et Patrick Touron, les deux experts initialement sollicités, il écrit : " Les hypothèses avancées par le Professeur Lavoué ne trouvent aucun fondement technique et ne sont étayées par aucun élément vérifiable scientifiquement." Gilbert Lavoué conteste : " Je maintiens mes conclusions initiales, qui correspondent à des constatations scientifiques incontestables". Le professeur Lavoué qui réalise 80 expertises judiciaires par an, note et s'étonne au passage : " que ses collègues n'aient pas jugé utile d'examiner eux-mêmes les prélèvements sur lesquels il a travaillé, pourtant placés sous scellés chez un huissier !

Le 13 juin 2005 s'ouvrira le renvoi du procès en appel de Michel Tabachnik qui avait été relaxé à l'issue de son procès en première instance devant le Tribunal Correctionnel de Grenoble en Avril 2001.

Commentaires sur l'essentiel de cette affaire :

Gilbert Lavoué avait prélevé en 2001 de la terre sur les lieux du crime et, de nouveau en septembre 2003, ce même expert a prélevé sur la dépouille de Madame Edith Vuarnet et de Monsieur Patrick Vuarnet (adeptes de l'OTS et décédés lors du massacre de 1995 dans le Vercors) des échantillons de peau.
Les résultats scientifiques de ces deux expertises sont identiques, ils montrent qu'il y a un excès en phosphore de plus de 21 à 40% que les normes habituelles et concluent que ce phosphore émanait d'un apport extérieur. Cet expert conclut que ce phosphore n'a pu être utilisé que par le biais d'un jet très directionnel et écarte ainsi la thèse de l'instruction.

Cette information apporte aux familles des victimes la preuve irréfutable que ces seize personnes ont été tuées par un ou plusieurs individus toujours en vie à ce jour. Ce nouvel élément majeur démonte la thèse retenue par le Juge Fontaine et selon laquelle deux personnes, M. Lardenchet et M. Friedly, auraient tué par balles les quatorze autres après les avoir arrosées d'essence.
Si l'on suit la thèse du Juge, il aurait fallu près d'un semi-remorque de bois sec placé sur les corps pour expliquer leur état de carbonisation, or sur les photos prises par les gendarmes lorsqu'ils ont trouvé les corps dans la nuit du 23 au 24 décembre 1995, on constate qu'il y a à peine un centimètre de cendres.
Selon le professeur Lavoué, il aurait dû y en avoir au moins 20 cm. En outre, l'autopsie révèle que certaines parties des corps sont extrêmement carbonisées et d'autres pas du tout ! Comment peut-on expliquer que l'enquête ne révèle pas cette incohérence qui relève de données scientifiques?
En effet, les corps atrocement brûlés semblaient par endroits littéralement fondus sous l'action de la chaleur ; les os, des coudes et les genoux ou encore le bas de la jambe de six d'entre eux ont disparu. Or le professeur Lavoué nous explique qu'en l'absence d'une couche importante de cendres, nous pouvons déduire qu'il n'y avait pas suffisament de bois sur place pour brûler ces 16 personnes dans les conditions indiquées par l'instruction et l'enquête. C'est donc uniquement à l'aide d'un jet très directionnel dopé du combustible "phosphore" que la carbonisation, telle qu'elle a été décrite par les experts judiciaires, peut être démontrer scientifiquement.
En effet, seul un engin qui projette un tel combustible par une flamme extrêmement chaude peut expliquer le niveau de combustion et l'état des corps. C'est donc la seule explication qui permet de comprendre comment le bûcher a pu atteindre une chaleur au moins égale à 1500°C permettant la destruction des os et donc de certain des membres des victimes.
Effectivement, pour détruire les parties de certains corps dans de telles proportions, il aurait fallu que le brasier soit d'une intensité extrême.
Par conséquent, seul un jet très directionnel de type "arme incendiaire" explique ces données scientifiques ! Le phosphore est employé dans un mélange incendiaire, celui d'un lance-flammes, et voilà pourquoi les corps sont profondément calcinés à certains endroits et intacts à d'autres.
Ceci explique aussi pourquoi la végétation ne présente aucun signe de combustion ou encore pourquoi une chaussure n'a pas été touchée par la chaleur ni par le feu ! Le jet très directionnel explique tout, en l'occurence la crémation qui est bien délimitée pour certains corps, ce que l'on notera lors de la présentation des photos prises par les gendarmes !

Pour finir, les parties civiles du Vercors avaient déposé le 20 octobre 2004 une requête réclamant des investigations sur douze charges nouvelles remettant en cause le scénario établi par le Juge d'instruction.
Puis dans sa décision, le procureur de Grenoble balaie en quelques phrases les faits nouveaux proposés par les parties civiles et refuse d'ouvrir cette instruction ! Et pourtant, ils auraient permis selon elles de réouvrir l'enquête et faire enfin la lumière sur cette affaire.
Il est vrai que cette décision illustre le comportement quasi symptomatique d'un refus d'enquêter sur des éléments étonnants et pertinents et ceci depuis le début de l'instruction !

Les familles des victimes sont écoeurées par cette instruction.

Nous avions conclu en mars 2004, nous les familles des victimes, que " la Justice française tient une inqualifiable responsabilité, qui restera à jamais une blessure pour les familles des victimes et laissera un doute terrible sur la réalité des circonstances dans lesquelles ces seize personnes sont décédées en Décembre 1995".
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